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Le Livre de jeunesse en dix grandes questions

Par Claude Combet

1) Les enfants d’aujourd’hui lisent-ils ?

Foin des idées reçues. « Les enfants ne lisent pas » a-t-on entendu pendant des années. Ce n’est plus vrai aujourd’hui. Même s’ils ne lisent pas tous et pas à tout âge. Lecture le soir avec les parents, « heure du conte » en bibliothèque, lecture en classe… la lecture est certes une pratique courante depuis la crèche… jusqu’à la 6e. Mais que se passe-t-il au collège ? Entre l’écoute de la musique sur le MP3, les jeux vidéos sur console et autre game boy, les SMS du téléphone portable, les « chat » et autres blogs sur l’ordinateur (sans parler des jeux en réseau), la télévision, les activités parascolaires et le travail scolaire : le collégien a un plus grand choix de distractions à sa disposition et de moins en moins de temps à y consacrer.

Reste que les nouvelles technologies – SMS, mails, blogs – redonnent aux jeunes une pratique de l’écrit qu’on avait cru abandonnée. Certains même retrouveraient l’orthographe grâce à Word, le logiciel souligne les fautes en rouge !

Enfin le « phénomène Harry Potter » a largement contribué à bouleverser les habitudes de lecture. Avant même qu’Hollywood et la médiatisation s’en emparent, les jeunes ont parlé des livres en cour de récréation, les ont recommandé à leurs copains et ont joué à être des pensionnaires de Poudlard, comme vingt ans auparavant, ils jouaient à la Guerre des étoiles et s’identifiaient à Luke Skywalker. Mais surtout, ils ont avalé des volumes de 650, 800 ou 1 000 pages pour certains titres de la saga de J. K. Rowling, dévorant les sept tomes et, à la suite, les sept tomes des Chroniques de Narnia, les quatre Arthur et les Minimoys, et autres trilogies et sagas volumineuses. Sans oublier nombre de bandes dessinées et de mangas (lus dans le sens japonais de lecture).

2) Qui sont les lecteurs ?

L’enquête sur la lecture et les loisirs multimédia des collégiens et lycéens publiée par le Centre national du livre en 2007 montrait que 77 % des collégiens et lycéens déclaraient avoir lu un (ou des) livres, en dehors de ceux recommandés par un professeur, dans les trois derniers mois. 36 % en avaient lu un ou deux, 23 % trois ou quatre. La lecture arrive en septième position parmi leurs loisirs (derrière la télévision et la musique, les DVD et l’ordinateur, la radio et le sport), et devance les jeux vidéos, le cinéma, les jeux de société, les activités artistiques, les musées ou le spectacle. Par ailleurs, la lecture des livres et des journaux (35 %) arrive devant celle des BD (30 %) avec des différences selon les sexes, aux garçons, les BD (à 47 %), aux filles, les livres (à 45 %).

Les femmes lisent davantage que les hommes. C’est vrai aussi pour les plus jeunes : 81 % des filles lisent contre 71 % des garçons (étude CNL). Les garçons dévorent Harry Potter et toutes les sagas fantastiques, les filles aussi. Comme elles apprécient aussi les titres « girly », la « chick lit » (« littérature pour les poulettes ») et les histoires de filles, version très adoucie du Journal de Bridget Jones ou du feuilleton Sex and the City. En revanche, les garçons jouent davantage aux jeux vidéo (91 % contre 55 % des filles) et pratiquent plus souvent un sport (86 % contre 72 % des filles).

Pourquoi lisent-ils ? « Pour rêver » à 60 % et pour apprendre (à égalité). Et les filles sont plus nombreuses à avouer qu’elles lisent « pour le plaisir, pour rêver, pour imaginer et apprendre ». Mais « La fréquence des livres les plus cités suggère une certaine conformité dans les goûts et les choix de lecture des adolescents. Parmi la liste des livres cités, il y a beaucoup de séries, de mangas ou de BD. Beaucoup ont été adaptés à la télévision ou au cinéma » souligne l’étude.

3) Qui sont les médiateurs ?

Si parents et grands-parents continuent d’offrir des livres à leurs enfants (et petits enfants), si l’école s’attache toujours à leur faire lire les classiques, les enfants d’aujourd’hui ont gagné en autonomie. Nombre de succès se font sur le bouche-à-oreille dans les cours de récréation. Le conseil le plus écouté reste celui du copain ou de la copine qui a aimé un livre et vous le recommande : 20 % choisissent sur les conseils d’un ami (24 % sur la couverture), loin devant ceux d’un magazine (13 %) ou d’un parent (11 %).

Lieu des lectures « obligatoires », l’école est prescriptrice. On y lit les classiques bien sûr mais aussi les livres de Roald Dahl, Michel Tournier ou de Pierre Gripari. Double meurtre à l’abbaye, Le faucon déniché, Le mystère de la cathédrale, L’Œil du loup, Les pilleurs de sarcophages, La sixième, La vengeance de la momie, figurent dans les listes des professeurs. Pour les plus jeunes, l’Education nationale inscrit depuis 2002 dans ses programmes primaires des listes consultatives de 250 titres jeunesse (l’une pour le cycle 2, CP et CE1 et l’autre pour le cycle 3, CE2, CM1 et CM2) qui peuvent être étudiés en classe. Ainsi L’Histoire de Babar, Max et les Maximonstres, Little Lou sont « au programme » au même titre que des recueils de poésie, de théâtre ou les romans comme La maison qui vole, de Claude Roy, Pinocchio ou Fifi Brindacier.

Dès le plus jeune âge, les enfants fréquentent aussi la bibliothèque, avec la crèche, avec l’instituteur ou avec les parents. Il n’est pas de petit Français qui ne connaisse la célèbre « Heure du conte ». Comment attirer les adolescents, se sont interrogés les bibliothécaires lors de leur congrès (ABF) ? Du lieu spécifique pour les accueillir, entre les sections jeunesse et adulte, aux sélections d’ouvrages mis en avant : le débat n’est pas tranché mais les professionnels ont le sentiment qu’ils se sentent perdus dans l’immensité de l’offre adulte et ont besoin d’aide. A eux de découvrir qu’on peut aussi y lire…

4) Que lisent-ils ?

Balayons une autre idée reçue : les enfants ne lisent pas que des mangas. Depuis les livres-bains pour les tout-petits, l’intégrale de T’choupi ou la panoplie Dora dès deux ans, jusqu’aux histoires pour les filles comme Quatre filles et un Jean, en passant par les aventures fantastiques d’Arthur ou d’Ewilan, … les gros succès de l’édition de jeunesse sont aussi variés que la production.

Celle-ci étant surabondante, pour s’y retrouver, le jeune lecteur se retourne vers ce qu’il connaît. Comme le montre l’enquête du CNL, les best-sellers jeunesse n’échappent pas à la médiatisation. Franklin, Dora, doivent leur succès aux dessins animés dont ils sont les héros, diffusés à la télévision. Comme les séries Les jumelles Olsen, Totally Spies, Witch, Winx Club, et autres Foot2Rue. Le cinéma a la même influence sur les ventes : on retrouve sur les listes de best-sellers les livres tirés des dessins animés Disney et autres Dreamworks, les sagas fantastiques adaptées au cinéma les Chroniques de Narnia ou Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire. Le grand écran leur permet aussi de redécouvrir des classiques comme Oliver Twist ou Le Grand Meaulnes.

Les enfants ne sont pas toujours sous influence. Il est aussi des succès reposant sur le bouche-à-oreille qui échappent à tout marketing. En dix ans, Kirikou est devenu l’idole des petits. Notre jeune lecteur s’est enthousiasmé pour des héros de papier, T’choupi, (avant qu’on ne le voit à la télévision), Juliette, les « Drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings, Max et Lili, ou Titeuf (d’abord en bandes dessinées), avant qu’on ne les voit à la télévision. Il a adoré Tobie Lolness, les Chroniques des temps obscurs de Michelle Paver, la saga des Chevaliers d’Emeraude de la québécoise Anne Robillard ou la totalité du catalogue (fantastique) de Bragelonne. Il a plébiscité « Les livres dont vous êtes le héros  », les « Chair de poule » et plus récemment, « La cabane magique », sur le simple bouche-à-oreille dans les cours de récréation.

Reste que, comme les grands, le jeune lecteur s’attache volontiers à un héros récurrent, une série ou une collection, se plonge avec délice dans un univers connu qui sait leur réserver quelques surprises. Mais génération après génération, on lit encore Le Petit Prince, Babar, Petit Ours Brun, Martine, Caroline ou le Club des cinq tandis que les collégiens inscrivent à leur palmarès les livres de Stephen King. Ainsi les Histoires inédites du Petit Nicolas ont eu le succès que l’on sait…

5) Une édition sous influence ? La menace hégémonique de l’anglais. Le raz-demarée fantastique

Longtemps les critiques se sont plaints du nombre de traductions de l’anglais dans le livre de jeunesse. Avec la formidable explosion du secteur depuis une vingtaine d’années, ce n’est plus vrai. Mais c’était sans compter le raz-de-marée fantastique. Fort du succès des aventures d’Harry Potter et des autres textes de C.S. Lewis, Philip Pullman, J. R. Tolkien, etc., les Anglo-Saxons ont repris l’avantage dans le domaine de la fiction. Ils se sont déchaînés avec des histoires de magiciens, de dragons, de sorciers, mais aussi ont remis au goût du jour vampires, espions et autres princesses.

Sans parler d’hégémonie, on ne peut que reconnaître un réel savoir-faire, générateur de best-sellers : « Les Anglo-saxons savent raconter des histoires : ils n’ont jamais perdu la culture de la narration. Très jeunes, on demande aux élèves d’écrire des fictions, de travailler un personnage, alors qu’en France, on enseigne plutôt la structure de la langue, le style » raconte Charlotte Ruffault, directrice d’Hachette Jeunesse Romans. La conséquence ? Les éditeurs anglais et américains inondent la planète de textes, le plus souvent fantastiques, qu’ils vendent aux éditeurs du monde entier. En leur demandant souvent d’acheter très cher les droits de traduction et de se décider sur un simple synopsis, au mieux sur le premier volume d’une trilogie. Mais peut-on échapper à la mondialisation et se priver d’un best-seller ?

Reste que les auteurs français résistent. Plus enclins à une littérature introspective ou une littérature miroir, qui parle aux enfants de leur quotidien, ils sont en train de batailler sur le même terrain. Timothée de Fombelle avec Toby Lolness, un petit personnage dans un univers à la fois fantastique, gargantuesque et écolo, a touché d’emblée les enfants. Pierre Bottero, Fabrice Colin, Erik L’Homme, Jean-Claude Mourlevat manient le fantastique avec brio. Annie Pietri et Anne-Marie Desplat-Duc jouent la partition du roman historique à l’époque de Louis XIV. Une résistance qui est aussi signe de maturité.

6) Où va le poche jeunesse ? Le poche et les grands formats

« Bayard Poche », « Castor Poche », « Folio Junior », « Hatier Poche », « Livre de Poche Jeunesse », « Milan Poche », « Nathan Poche », « Rageot Poche », les collections de Pocket Jeunesse ou celles de L’Ecole des loisirs : la jeunesse a aussi ses grandes collections de poche. Avec plus d’un tour… dans leur sac, elles se déclinent par âge, des « Benjamins » aux « Juniors » en passant par les « Cadets », s’illustrent en couleurs pour les plus jeunes, offrent des classiques et des textes contemporains inédits (à la différence des collections adultes qui reprennent les grands succès parus en grand format). Et même, depuis peu, sur le modèle de « Lutin Poche » de l’Ecole des loisirs, reprennent les albums pour les plus petits : « Girafon Poche », « Les petits Gautier », « Le coffre à histoires », « Les petits Didier ». Populaire par excellence, le poche a la faveur du jeune public – qui lit comme les grands – et des adultes, par son prix. Les professeurs n’hésitent pas à le recommander, les parents à l’acheter.

Avec Harry Potter, les romans en grand format ont fait leur apparition : en 2006, Ipsos en recensait « 564, publiés par 35 éditeurs, à un prix moyen de 14,40 euros, dont 136 nouveautés ». Désormais les éditeurs proposent quelques textes en grand format, réservant cette présentation à un nombre limité de textes, qu’ils jugent importants. Au menu : fantasy (50 % de la production et 65 % des ventes), dont les lecteurs sont à la fois filles et garçons, littérature (35 % de la production et 20 % des ventes), et « chick lit » (littérature pour filles, 15 % de la production et des ventes). Le grand format a permis aux libraires de créer un rayon qui n’existait pas et d’organiser des tables, avec un « Top 100 » composé à 83 % de trilogies, de tétralogies et de séries (Ipsos 2006), et de proposer une seconde exploitation en poche, comme en littérature adulte. Avec succès si on en croit les ventes mais en provoquant quelques inquiétudes du côté du poche.

7) Y a-t-il une littérature adolescente ? La littérature de jeunesse et les « young adults »

De tout temps, les livres ont constitué pour les adolescents un rite de passage, un moyen d’entrer en douceur dans l’univers des adultes. Depuis longtemps, les Anglo-saxons consacrent des collections et des rayons entiers, dans les librairies comme dans les bibliothèques, aux « young adults », les « adulescents » de 15-25 ans. Ce qu’on appelle, la « littérature de cross-over », lue à la fois par les jeunes et par les adultes.

Avec Le seigneur des anneaux, Harry Potter, Le clan des Otori, la littérature de jeunesse a montré qu’elle pouvait jouer dans la cour des grands. La légende veut que les Anglais aient lus Harry Potter en le cachant derrière le Times. Forts de cette expérience, les éditeurs anglo-saxons proposent pour ces ouvrages deux couvertures, l’une adulte, l’autre jeunesse. Ainsi a-t-on vu dans les librairies françaises, des grands formats sous deux couvertures distinctes, parfois chez deux éditeurs différents comme Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon (NiL et Pocket Jeunesse), La voleuse de livres, de Markus Zusak (Oh ! Editions et Pocket Jeunesse), Ne t’inquiètes pas pour moi (Albin Michel) et Je veux vivre (Plon) et, cet automne, Quand vous lirez ce livre… (Fleuve noir, Pocket Jeunesse). Publiés d’abord en grand format par Gallimard Jeunesse, A la croisée des mondes, de Philip Pullman ou Le clan des Otori, après une première publication par Gallimard Jeunesse, ont été repris en « Folio ».

Sur le modèle anglo-saxon, les éditeurs ont développé les collections spécifiquement destinées aux ados. Sur le modèle de « Médium » à l’Ecole des loisirs, sont nées : « Black Moon », « Confessions », « DoAdo », « Exprim’ », « Macadam », « Métis », « Millézime », « Les Mues », « Nouvelles », « Scripto », « Tribal », « Wiz ». De son côté, Pocket Jeunes Adultes puise dans le fonds adulte de Pocket pour proposer des textes de Marc Levy, Roy Lewis, Nick Hornby, René Barjavel, Franz Kafka ou Dino Buzzati. Comme « Babel J » chez Actes Sud Junior puisant dans la collection de poche « Babel » de la maison-mère. Pour ne parler que de la fiction. Mais touchent-elles leur public ?

8) La création française existe-t-elle ? Les albums, la petite enfance, le poids de l’édition française dans les foires internationales

Depuis trois décennies, l’édition française s’est taillé une solide réputation de créativité. Sans cesse en recherche, elle a un véritable savoir-faire en matière de livres-objets, imagine de nouveaux personnages pour les petits, teste toutes les approches du documentaire à l’aune des nouvelles technologies, forte de l’héritage de Gallimard Jeunesse et de son créateur Pierre Marchand.

Dans les manifestations internationales comme la Foire du livre de jeunesse de Bologne (Italie) ou la Foire du livre de Francfort (Allemagne), les éditeurs français sont désormais courtisés. Leur créativité est souvent récompensée par les prix Bologna Ragazzi, les célèbres récompenses de la foire italienne. Et les maisons étrangères se déplacent voir leurs projets… même si les graphismes français ont la réputation d’être sophistiqués. Des illustrateurs comme Serge Bloch, Jean Claverie, Etienne Delessert, Olivier Douzou, Jacqueline Duhême, Philippe Dumas, Elzbieta, Georges Lemoine, Henri Galeron, Michel Gay, Daniel Maja, Claude Ponti, Grégoire Solotareff, Tomi Ungerer, ont largement contribué à cette renommée. Comme sa richesse en courants variés - humoriste, bédéiste, pictural, maniériste, épuré (pour les tout-petits), bricoleur, technique, ou très graphique -, selon notre inventaire à la Prévert. L’illustration française montre surtout une intéressante capacité à se renouveler et à s’ouvrir à un nombre toujours accru de jeunes illustrateurs. Le concours biennal du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, « Figures Futur » et les écoles françaises, Ecole des arts décoratifs de Strasbourg, où a enseigné Claude Lapointe, Ecole Emile-Cohl de Lyon, l’Ecole Estienne ou l’Ecole des arts appliqués Olivier-de-Serres, d’où émergent chaque année de nouveaux talents que guettent les éditeurs, y sont aussi pour beaucoup.

9) Vers le tout médiatique ? Le cinéma, la télévision, les produits dérivés

Jamais on n’avait vu autant de livres pour enfants adaptés au cinéma ou à la télévision. Hollywood s’est emparé des livres à succès, à commencer par Harry Potter, personnage acheté par la Warner (qui en vend les licences pour les produits dérivés). Le Seigneur des anneaux, A la croisée des mondes, Les chroniques de Narnia, Eragon, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, Les chroniques de Spiderwick… : le cinéma a su surfer sur la vague fantastique et a adapté tous les titres du marché. De son côté, le réalisateur Luc Besson, après avoir écrit avec succès la saga d’Arthur, en tournait lui même le premier épisode.

L’édition de jeunesse est un réservoir pour les producteurs. Ils recherchent aussi des personnages adaptables en dessins animés pour les plus petits. Ainsi T’choupi (Nathan), Petit Ours Brun (Bayard), SamSam (Bayard), Bali (Flammarion), les « Drôles de petites Bêtes », l’âne TroTro (Gallimard J-Giboulées), Didou (Albin Michel), entre autres, sont devenus les héros de dessins animés. Les enjeux sont de taille. Médiatisation, mondialisation, films ou dessins animés donnent lieu à de nombreux produits dérivés. A chaque film, se multiplient les ouvrages : makingoff, pop-up, livres-posters, cartes postales et autres stickers. De fait, personnages et «  univers » se déclinent à l’envi. Qui n’a pas envie de sa trousse ou de ses cahiers « Winx Club » et de son cartable Harry Potter pour la rentrée, quand les petits dorment dans des draps Babar, s’essuient avec des serviettes Mickey, mangent dans de la vaisselle Ratatouille… quand ils n’utilisent pas du shampoing Dark Vador !

10) Quel avenir pour le livre de jeunesse ? Les enjeux du numérique : le parascolaire sur Nintendo DS, le lapin Nabaztag, l’e-book

Si le documentaire fleurte avec les nouvelles technologies depuis des années (le cédérom, le DVD, les liens Internet), sans s’être vraiment trouvé, quel est l’avenir de toute la littérature pour la jeunesse ? Aujourd’hui, le monde du livre est en plein bouleversement. A l’heure où les premiers « e-readers » sont commercialisés aux Etats-Unis, on ne sait pas quel sera le support de demain. Les parents continueront probablement à lire des albums à leurs enfants le soir pour s’endormir. Mais que lira-t-on dans le métro ? En classe ? A la bibliothèque ? Aux Etats-Unis, sur le modèle, la version téléchargeable des titres est désormais proposée à la sortie de chaque nouveauté. En France, ces initiatives sont encore rares mais l’éditeur pour la jeunesse suisse alémanique, Nord-Sud proposera en septembre la version audio téléchargeable de six albums (« Le moulin à histoires »). D’ores et déjà, des éditeurs de jeunesse ont fait des essais avec le lapin Nabaztag. Celui-ci lit La belle lisse poire du prince de Motordu, de Pef (avec la voix d’un comédien ou celle de l’auteur) et d’autres titres de Gallimard Jeunesse. Mais grâce à la puce RFID, il peut lire des histoires de la collection « Mes p’tites histoires » (Nathan Jeunesse) avec la voix… de ses parents et grands-parents (et les partager avec d’autres familles).

Les éditeurs sont avant tout producteurs de contenu. Dans la lignée des programmes de mémoire et de remise en forme, la collection parascolaire de soutien d’Hatier, « Tout savoir » a été adaptée par Anuman Interactive, un éditeur français de logiciels interactifs, pour un programme sur la Nintendo DS. « Les deux supports sont complémentaires. Les ouvrages mettent l’accent sur la leçon, l’acquisition des connaissances et la méthode, le logiciel sur l’entraînement et la révision » précise Véronique Hublot-Pierre, directrice éditoriale du parascolaire et de la jeunesse chez Hatier. En attendant les futurs contenus pour les téléphones portables…

Synthèse réalisée par Claude Combet dans le cadre de Lire en fête 2008



 


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